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Accès aux soins   Bientôt plus de compétences aux opticiens ?

Dans certaines régions, il faut plusieurs mois avant d’obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologue. Et si les opticiens jouaient un rôle plus important dans la filière des soins optiques ? C’est la proposition de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), afin de réduire les délais d’attente pour les patients.

Accès aux soins Bientôt plus de compétences aux opticiens ?

Obtenir une prescription de lunettes relève parfois du parcours d’obstacles en France. Certaines personnes doivent attendre 6 mois avant de voir un ophtalmologue. Il faut dire qu’alors que 70 % des adultes français portent des verres correcteurs, un peu moins de 5 900 professionnels exercent. Comment améliorer l’accès aux soins ? Dans un rapport, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) propose de se reposer davantage sur les opticiens et les orthoptistes.

Impossible aujourd’hui d’obtenir des lunettes sans la prescription d’un ophtalmologue. Afin d’alléger leur charge de travail, les orthoptistes ont déjà été mis à contribution. Ils peuvent réaliser le bilan visuel et la prescription, sous supervision d’un médecin. Le gain de temps est réel. Mais selon l’Igas, il est possible d’aller plus loin. Les orthoptistes devraient également assurer le suivi de pathologies de l’œil qui se sont stabilisées.

Quant aux opticiens, ils pourraient jouer un rôle plus important dans le dépistage et le traitement de troubles comme la myopie, l’hypermétropie ou l’astigmatie. Pour l’heure, ils ne peuvent adapter les prescriptions erronées que s’il s’agit d’un renouvellement. Cela devrait aussi être possible sur les premières prescriptions, avance l’Igas. Les ordonnances gagneraient également à être plus claires : elles sont valables 5 ans, mais ce n’est pas indiqué de manière systématique. L’Igas suggère aussi de prolonger leur validité de 2 ans chez les personnes de 16 à 42 ans, chez qui le trouble visuel évolue rarement.

LES OPTICIENS PRESCRIPTEURS ?

En dernier recours, si les délais d’attente avant un rendez-vous ne diminuent pas, l’Igas émet une proposition pour le moins audacieuse. Et celle-ci ne plaît guère aux ophtalmologues. Opticiens et orthoptistes devraient pouvoir prescrire des verres correcteurs aux personnes âgées de 16 à 42 ans. L’Igas ne signe pas pour autant un chèque en blanc aux opticiens, elle assortit cette suggestion de conditions.

Pour prescrire, l’opticien devra être diplômé d’une licence a minima et valider ses connaissances en santé par le biais d’un test. Les équipements délivrés devront correspondre au panier A du 100 % Santé, donc n’entraîner aucun reste à charge pour le patient. Le coût d’un tel examen serait le même que celui facturé lors de l’adaptation d’une ordonnance (10 €) et le renouvellement des lunettes ne serait possible que tous les 2 ans. Enfin, une évaluation du dispositif par l’assurance maladie devra démontrer son intérêt et l’absence de dérives.

Malgré ces garanties, les ophtalmologues font entendre leur mécontentement. À leurs yeux, l’exercice commercial de l’opticien n’est pas compatible avec l’exercice de la médecine. Ils admettent, en revanche, l’intérêt de laisser les opticiens adapter l’ordonnance plus rapidement, quand cela est nécessaire.

Audrey Vaugrente